Ce que nous avons appris
Ne confiez jamais toutes les clés à une seule IA
Retour du VISIT Summit 2026 à Göteborg : l'un des huit enseignements que nous avons rapportés de trois jours et 26 sessions.

Dans l’hôtellerie, le prochain incident de sécurité ne ressemblera peut-être pas à une intrusion. Il pourrait prendre la forme d’un agent IA qui fait exactement ce qu’on lui a demandé. Au VISIT Summit 2026, Thibault Miclo a expliqué comment l’éviter.
L’humain reste la porte d’entrée la plus facile
La plupart des attaques commencent encore par une personne, pas par un système. Selon le rapport Mandiant M-Trends 2026 cité pendant la session, l’appel téléphonique est désormais la deuxième méthode la plus utilisée par les attaquants pour pénétrer dans une organisation. Les attaques les plus coûteuses évoquées ont coûté des milliards de couronnes aux entreprises touchées, et aucune ne faisait intervenir l’IA. Ce sont toujours les fondamentaux qui font la différence : qui peut appeler vos équipes, ce qu’on peut les convaincre de faire, et la vitesse à laquelle vous vous en rendez compte.
Le nouveau risque réunit trois ingrédients
Les agents IA ajoutent un risque d’un genre nouveau. Un agent devient dangereux dès qu’il réunit trois capacités à la fois. Il lit des contenus venus de l’extérieur, que n’importe qui peut rédiger : e-mails, avis, pages web. Il a accès à des données privées, comme les fiches clients ou les réservations. Et il dispose d’un moyen de faire sortir des informations, par exemple en envoyant un e-mail ou en appelant un autre système.
Quand les trois sont réunis, un attaquant n’a pas besoin de forcer quoi que ce soit. Il lui suffit de cacher une instruction dans un contenu que l’agent va lire. Retirez l’un des trois éléments, et le problème disparaît. Un agent qui lit des contenus extérieurs sans pouvoir accéder aux données privées ne présente pas de danger. Pas plus qu’un agent qui accède aux données privées mais ne peut rien envoyer à l’extérieur.
La plupart des organisations ne savent pas ce qu’elles utilisent
Les chiffres d’enquête présentés pendant la session montrent à quel point la plupart des organisations sont loin d’un tel contrôle. 82 % ont des agents IA en service dont personne n’est responsable. 65 % ont déjà connu un incident. 68 % pensent avoir de la visibilité sur leurs agents, mais seulement 21 % se disent capables d’en désactiver un en cas de besoin.
La réglementation se met en place
Les obligations de transparence de l’AI Act européen, dont celle d’informer les personnes qu’elles échangent avec une IA, s’appliquent déjà. Les règles applicables aux systèmes à haut risque ont été reportées à décembre 2027. Pour la plupart des acteurs de l’hôtellerie et du tourisme, le travail concret reste le même dans les deux cas : savoir quels agents vous utilisez, à quoi ils ont accès et qui en est responsable.
Ce qu’il faut faire
- Dressez la liste de tous les agents IA et de toutes les intégrations que vous utilisez, et attribuez à chacun un responsable.
- Assurez-vous que ce responsable peut désactiver l’agent.
- Ne donnez jamais à un même agent, en même temps, des contenus extérieurs, des données privées et un moyen de les faire sortir.
- Préparez votre équipe à l’appel qui ressemble à celui d’un collègue ou d’un fournisseur.
Entendu lors de la session : Protecting Your Organisation in a Changing World (Thibault Miclo, VISIT)

